Nov 18, 2008

Les crocos sont de retour

Lorsqu’on a vécu dans le Queensland Australien, on en sait un peu plus long sur le crocodile de mer, the "big saltie", comme dirait affectueusement un Australien. Les documentaires télévisés, "l’ Australien Zoo" , près de Brisbane, rendu célèbre par le très médiatique feu Steve Irwin (les curieux surferont sur google), et puis évidemment les récits d’attaques dans le Nord Queensland ou dans les Territoires du Nord, habitats par excellence du crocodile de mer. Ainsi, quelques faits curieux:

  • Un crocodile ne cesse jamais de grandir tout au long de sa vie et sa dentition se renouvelle constamment;
  • Un crocodile peut courir sur terre à une vitesse surprenante, entre 10 à 17 km/h;
  • La longueur moyenne d’un croc de mer est de 4 à 5 mètres mais certains "individus" peuvent dépasser les 7 m;
  • Un crocodile peut nager 400 km en 20 jours;
  • Les crocos avalent intentionnellement des pierres pour faciliter la digestion;
  • La population « crocodilienne » dans les Territoires du Nord a augmenté de 5.000 en 1971, à 75.000 individus en l’an 2000, en raison des nouvelles mesures de protection de l’espèce;
  • Il y a eu en Australie, 62 attaques de crocodiles de mer entre 1971 et 2004, résultant en décès ou blessures;
  • Les attaques non mortelles ont néanmoins progressés de 0.1%, entre 71 et 80, à 3,3% entre 2001 à 2004;
  • 29% des personnes attaquées étaient sous l’influence de l’alcool;
  • Seuls 5 attaques se sont produites hors de l’eau. A 2 reprises, le croco est rentré dans les tentes et surpris les occupants endormis;
  • Les yeux des crocodiles sont vulnérables. En cas d’attaque, crever les yeux! Autre astuce. Si par hasard, votre main se retrouve prisonnière dans la gueule du monstre, essayez d’atteindre et de faire déplacer la valvule (sorte de langue) qui se trouve à l’arrière du gosier), pour obliger le croco à avaler de l’eau. Il devrait lâcher prise. Cela a marché, dans au moins, un cas;
  • Les crocodiles de mer ont une présence très limitée dans le Pacifique Sud, à l’exception …des Iles Salomon.

“CROCODILES ENJOY GUN-FREE SOLOMON ISLANDS”, titre un journal.

Depuis l’arrivée de RAMSI en 2003, les armes à feu ont été bannies, les licences de port d’armes révoquées. Un an après, 3.700 armes et 300.000 tonnes de munition sont appréhendées: armes datant de la seconde guerre mondiale - éparpillées un peu partout dans Guadalcanal - d’autres volées dans les stations de police et surtout apportées par les propres policiers lorsqu’ils rejoignent les milices. Le désarmement continue de nos jours et peu d’armes sont désormais en circulation (à l’exception de reliques de la II Guerre Mondiale que certains essaient d’exporter illégalement). Un grand succès de RAMSI et la population en est très reconnaissante. C’est pourquoi les quelques voix qui défendent un réarmement de la police Salomonaise sont accueillies avec beaucoup de précautions.

"Mas não há bela sem senão" .! Désormais sans armes, les populations ne peuvent plus se défendre des crocodiles. Ils en sont réduits à faire appel à la police. Et les appels viennent d’un peu partout.

La semaine dernière, c’est une petite fille de 10 ans qui est enlevée par un crocodile dans les Russell Islands, à l’ouest de Savo, dans la Province Centrale. RAMSI part en mission et abbat 10 crocodiles, en deux jours. Puis, c’est au tour d’un croc de 2.8 m, à Malaita.

Le mois dernier, c’est un couple qui pêche près de l’estuaire d’une rivière à l’est d’ Honiara entre 1H00 et 2H00 du matin. Un crocodile s’empare de l’homme et l’entraine dans la rivière. Le crocodile est toujours dans les parages, le corps entre ses crocs, lorsque la police arrive et tire. Le corps est relâché et le crocodile disparait au fond de l’eau;

En juillet, la police répond à un appel à l’Ouest de Honiara. Un crocodile a été vu autour du village et sur la plage. Il a tué des cochons et poursuivi plusieurs enfants qui jouaient prés de l’eau. La police s’est rendu sur les lieux et abbat un crocodile géant de 4,2 mètres.

"Sans armes, il est difficile de se débarrasser des crocos", raconte un villageois. "Ils deviennent chaque fois plus malins, s’approchent des villages et aboient pour attirer les chiens et les dévorer". Il semble en effet que les crocodiles possèdent " une voix qui ressemble chez les jeunes individus à un coassement et qui se transforme, chez les adultes, en un grognement, un rugissement ou un aboiement ".

Ce sont juste quelques exemples et je passe sur les détails les plus macabres. Depuis le début de l’année, une trentaine de crocs ont été officiellement abattus par la police.

Recrudescence des attaques? Certains pensent que la déforestation est une explication possible. Les crocos seraient sujets à des « troubles de comportement » en ingurgitant les produits chimiques polluants, utilisés par les coupeurs de bois. Désormais plus agressifs et imprévisibles.

RAMSI est un peu perturbée et avoue que les crocos sont une "conséquence imprévue" du désarmement.

Et même les militaires ne sont pas à l’abri. Prenons le quartier général de RAMSI, situé tout prés de l’aéroport sur une jolie plage de sable blanc, appelé GBR, abréviation de Guadalcanal Beach Resort. Avec un nom pareil, les militaires expats ont dû se battre pour être affectés aux Iles Salomon. Ils ont néanmoins vite déchanté, lorsque ils ont aperçu le beau spécimen de 5 mètre patrouillant la plage. On finit même par connaitre les habitudes de Crocky : "Il s’en va vers le large toutes les fins d’après midi puis revient chaque matin". Je ne sais ce qui est arrivé au croco. Il a du survivre un moment, puisque à l’époque, RAMSI a des scrupules et hésite encore à prendre des mesures plus radicales. Puisque les crocodiles sont des animaux territoriaux, celui ci mort, aurait été vite remplacé par un des autres crocos qui habitent dans la rivière avoisinante, au nom suggestif de…. Alligator Creek !

Nov 13, 2008

Woodford International School

Vendredi. Jour de l’ «Assemblée » à Woodford School. Pour qui n’est pas anglo-saxon, une Assemblée est une expérience culturelle intéressante, surtout lorsqu’il s’y ajoute une touche "Salomonaise". Tout les vendredis, à huit heures du matin, élèves et instits se réunissent sous le préau. Les parents qui le souhaitent ont des chaises à leur disposition. Mrs Jenny se met au piano et tous se lèvent pour entonner d’abord l’hymne des Iles Salomon - très beau - puis la « prière » de l’école. Ensuite, c’est « show time ». Chaque classe, à tour de rôle, prépare un petit spectacle qui dure un quart d'heure. Et pour finir la remise des prix de la semaine. Il y en a pour tous les goûts. Evidemment, à une quarantaine de prix par semaine, on comprend que l’imagination des enseignants finisse par se tarir. Mon préféré reste "for trying his very best in class".

Mais Vendredi dernier fut un vendredi très spécial. Non seulement c'est au tour de la classe de David, mais c'est aussi un matin musical Portugais. Quinze petits ont fredonné, sans trop d’enthousiasme et de concentration, "O balão do João". La première strophe est chantée par tous; David enchaîne en solo. Il n’a pas l’uniforme aujourd’hui. Je l’ai vêtu "Portugais" . Short vert. Tee-shirt fond rouge avec Tramway jaune au centre et casquette rouge.
L’école a été établie dans les années 50 par le gouvernement et comptait à l’époque, une douzaine d’élèves. Elle prit le nom de Woodford dans les années 90.
Charles Woodford, un naturaliste, qui fut le premier représentant Britannique des Iles Salomon en 1896, trois ans après l’établissement du Protectorat Britannique. Or, établir un Protectorat, surtout sans perspective de gains immédiats pour la Couronne, était une activité onéreuse. Muni de maigres subsides, il fallait donc que Woodford subvienne à ses besoins e à ceux de l’administration naissante. C’est ainsi qu’il fut le premier à encourager l’investissement étranger dans les ressources tropicales des iles, le copra et le cacao (ressources encore importantes de nos jours). Or, pour exploiter ses ressources, il fallait commencer par adresser le problème de la terre. Tout en reconnaissant l’existence des droits coutumiers tribaux, les premières lois furent passées, permettant à la Couronne le contrôle des terres "vacantes" ou "non cultivées". Ces terres étaient ensuite louées aux investisseurs étrangers, essentiellement Britanniques dans un premier temps.

Un des plus importants de ses investisseurs fut Lever Brothers - aujourd’hui Unilever - qui au tournant du 19ème siècle acheta ou loua des parcelles de terre dans les Iles Salomon, jusqu’au lointaines Shortland Islands (archipel d’iles dans l’ouest face à Bougainville). La location ne différait pas grandement de la vente, puisque sous Woodford la location pouvait durer 999 ans. Lever, défricha, planta et géra entre autres des plantations de noix de cocos, matières premières devenues indispensable pour la fabrication "moderne" des savons Lever (ces derniers utilisant désormais le copra au lieu de la graisse animale). En 1913, Lever possédait 3% de la surface totale des Iles (considérable si l’on tient compte du fait que les terres arables sont limitées dans un pays recouvert de montagnes, volcans ou d’ilots coralliens).

Les terres pouvaient aussi être achetées par la Couronne, dans le cadre "d’utilité publique", la vente par les clans devenant alors obligatoire. Le problème était donc posé. Tout d’abord dans les définitions inscrites dans les lois. Que constitue donc une terre "vacante"? N’oublions pas que la majorité des iles Salomon est recouverte de forêts. Les terres qui ne sont pas défrichées pour la culture de tubercules ou l’établissement de villages sont utilisées de bien d’autres façons: cueillette de fruits et plantes médicinales, coupe de bois pour la construction de cahutes ou pour le feu, établissement de lieux tabous. Les forêts sont donc synonymes de ressources complémentaires vitales et leur préservation apportent un sentiment de sécurité. Le système complexe des coutumes tribales, ignoré par Woodford, apporta de nombreux malentendus. Si par exemple, la notion d’usufruit était courante, le caractère définitif de la "vente" était inconnu des villageois. Il allait de soi que lorsque l’acheteur décédait, les terres revenaient automatiquement au clan vendeur.

De plus, Woodford, qui devait gérer un Protectorat éparpillé sur de nombreuses iles depuis sa petite base de Tulagi dans les Iles Floride, n’avait pas les moyens, ni l’envie, d’établir sérieusement, le statut des terres à aliéner, surtout dans les Provinces les plus éloignées. Il s’ensuivit donc des expéditions punitives, des formes passives de résistance des villageois, des plaintes dont quelque unes furent entendues. Lever du rendre par exemple en 1920, des parcelles de terres aux communautés de la Province Ouest.
Woodford en assurant des revenus au protectorat et en instaurant un système de règles et lois lance donc les bases de l’administration coloniale aux Iles Salomon. L’éducation n’était évidemment pas une de ses priorités essentielles. Ce sont les missionnaires qui, dés la fin du 19 ème siècle, s’acquittent de la tâche, l’occasion étant trop belle pour christianiser les populations, ce qu’ils firent avec grand succès, puisque 95% de la population se dit à ce jour Chrétienne. Certain prêtres se mirent aux langues locales mais durent revenir à l’anglais, sous pression Britannique, après la II Guerre Mondiale. Certains firent des concessions, comme les Adventistes, lectures liturgiques en Anglais mais sermons en Pidgin. Permettre aux populations de lire la bible, était évidemment l' objectif prioritaire des diverses congrégations.
Justement en Août dernier, dans le cadre du projet "Telling the story of Jesus in every language", une nouvelle traduction de la bible en Pidgin - qui serait parlé par 72% de la population - a vu le jour, après 14 longues années de travail consistant à traduire l’ancien testament et réviser le nouveau testament.
Au même moment, un autre projet s’est concrétisé. Plus ambitieux, puisque il est le résultat de 30 années d’efforts, entre autres par un certain Mr Simon, aujourd’hui âgé de 87 ans qui continue ses travaux de traductions. Pour les intéressés, sachez donc que le nouveau testament est désormais disponible dans la langue Natqgu, parlé dans les Iles Santa Cruz dans la Province de Temotu par…4.000 personnes!
Les premières recommandations pour l’élaboration d’un plan d'éducation national furent lancées par l’administration coloniale en 1940 mais ce projet n’eu pas de suite avec l’avènement de la guerre. Peu fut accompli lors des décennies suivantes et l’éducation se trouva confrontée aux problèmes usuels: manque de fonds, enseignants sans formation, curricula inadaptés. Comme l’écrit un ancien administrateur colonial, qui vécut dans les Iles entre 1952 et 1974, "… les livres anglais disponibles font référence aux moutons, à la neige et contiennent des illustrations de paysages étrangers". Ainsi, à la veille de l’indépendance en 1978, seuls 3 Salomonais avaient fréquenté l’université (hors du pays).

Aujourd’hui, l’éducation dans les iles Salomon n’est pas obligatoire et seuls 60% per cent des enfants en âge scolaire ont accès à l’éducation primaire. Et encore que veulent dire ses chiffres. N’oublions pas que le Pidgin n’est pas la langue officielle des Iles Salomon. L’anglais est donc, en principe, enseigné dans toutes les écoles du pays. Mais, si dans la capitale Honiara, on y trouve une communauté d’expatriés plus l’élite Salomonaise parlant l’anglais, il n’en est pas de même dans les Provinces, surtout les plus éloignées. De plus, les enseignants formés à Honiara et par conséquent devenus "urbains" ne souhaitent généralement pas repartir vers leur Province d’origine.

Il y a encore les problèmes logistiques pour transporter les enfants vers les ilots plus fortunés qui ont une école. A Maravagi, c’est Richard qui contribue financiérement aux coûts du transport par bâteau. Ce dernier, vient chercher les enfants tôt le matin pour les emmener dans l’ile, juste en face, où les Anglicans ont établi une école, et les ramènent dans leur village dans l’après midi. Les églises gèrent encore plus de 20% des institutions scolaires et se retrouvent dans les endroits les plus perdus de l’archipel.

L’absentéisme des enseignants est aussi important. Hier justement, le Ministre de l’Education a fait une visite impromptue dans une école secondaire de Honiara. Seul un professeur était présent dans les 5 classes visitées. Il a encouragé les élèves à prendre note des absences des enseignants: “I encourage you to keep diaries of your teachers when they do not come to class and send them to me ».

De plus, l’école primaire publique est encore payante. Un des produits bancaires les plus populaires du projet Banque Rurale d’ANZ est bien "l’épargne-école", permettant à tous les jeunes en âge scolaire d’épargner - sans frais bancaires - pour financer leurs études. Il n’est pas rare de voir des petits déposer 1 SBD muni de leur « passbooks » (un carnet où sont enregistrées toutes les transactions bancaires et qui reste en possession du client, lui permettant à tout moment de visualiser et de suivre son compte). Le premier ministre a déclaré devant l’Assemblée Générale des Nations Unies en Septembre dernier, vouloir introduire dès Janvier 2009, l’école primaire gratuite et fait appel à l’aide internationale.

L’école Internationale de Woodford est donc une école pour l’élite et les fortunés et compte à ce jour environ 360 élèves du jardin d’enfant au secondaire. La grande majorité des élèves est Salomonaise. Les autres se divisent entre les expatriés qui résident à Honiara, asiatiques travaillant surtout dans le secteur privé, d’autres issus de la région Pacifique, Australiens, et cas unique, un Portugais Franco-Australien !
L’école est stricte avec l’uniforme suivant les bonnes traditions anglaises. Et c’est finalement bien pratique de ne pas avoir à se soucier, chaque matin, des vêtements à faire porter à David. Les chapeaux sont verts foncés, larges et à rebord dur, à l’image des mormons.

L’école est candidate au Baccalauréat International pour le programme primaire. Le nouveau Directeur est bien occupé à pourvoir l’école de règles conformes aux normes internationalles. Il y a donc maintenant un nouveau parking, du savon dans les toilettes, de nouvelles règles concernant la sécurité de l’école. Les procédures d’urgence incluent que faire en cas de tremblements de terres, tsunami et troubles civils.
L'eau de pluie est recueillie par des citernes avec robinets où les enfants peuvent aller boire. Encore quelques efforts à faire dans ce domaine...

Le curriculum scolaire est Australien, précisément du Queensland, (les curricula varient entre états Australiens). Le primaire suit la méthode THRASS basée sur un programme phonique et graphique. Les enfants apprennent à visualiser et à prononcer les sons de la langue anglaise plutôt que les lettres de l’alphabet. Quand ils se mettent à réciter l’alphabet en « sons » à toute vitesse, l’effet est plutôt surprenant.

L'école est mignonne, verdoyante. Les murs des bâtiments peints de jolis muraux, l'oeuvre d'un peintre local. L’ambiance est aussi chaleureuse à Woodford School. Mrs Rore, l’instit de David, originaire de l’ile au joli nom de Vella Lavella, dans la Province Centrale est douce, articulée, ouverte aux suggestions des parents. Mais l’enseignement est généralement plutôt désuet, pas vraiment fait pour stimuler l’imagination, l’esprit critique. Mrs Rore m’a montré avec beaucoup de fierté une page entière recouverte de " i " en minuscules que David a laborieusement tracé. Il a même eu un prix spécial, décerné par le Directeur pour la rectitude de ses " i ". Mais ça l’ennuie profondément. Je sympathise, alors je lui chuchote à l’oreille qu’il pourrait tracer ses lettres en sautant deux lignes à la fois. Le travail en est réduit de moitié.
Dans le cadre de la candidature au Baccalauréat International, certains parents semblent rechercher "l’internationalisation" à tout prix. L’an dernier, on me demande si je peux donner des cours en Portugais. «Mais qui voulez vous que ça intéresse» dis-je. Même le Français…Finalement, un certain jeune garçon qui aurait vécu dans les Philippines, propose l’Espagnol. Il semblerait que son Espagnol soit si peu orthodoxe ("inintelligible" si j'en crois Carmen qui parle Espagnol) que les cours ne font pas long feu. L’école recherche désormais un professeur de chinois, ce qui me parait bien plus logique dans le contexte des Iles Salomon.

L’école est financée entièrement par les frais de scolarité et quelques donations occasionnelles. Les ressources scolaires sont ainsi limitées, selon nos standards occidentaux. Et pourtant, les enfants ont maintenant des ordinateurs tout neufs avec écrans plats (mais encore faut-il avoir des programmes adaptés aux enfants; l’an dernier j’ai fourni les premiers CDs avec exercices de maths et lecture sous forme de jeux, car depuis plus d’un mois les enfants s’exerçaient à tracer des ronds et carrés…) Un appareil photo digital par classe est aussi disponible.

Chaque jour, David revient avec des devoirs maison qui incluent la lecture d’un petit carnet de lecture fournit par l’école, et rendu le lendemain. Il n’y a pas de gaspillage et il est clair à l’allure de ces carnets de lecture - qui datent des années 70 - qu’ils ont été utilisés par de nombreux élèves. Il a commencé la lecture avec une série de livres à images, en noir et blanc. Le dernier portait sur les couleurs, le camion rouge, le ciel bleu, un coq marron…. Nous prenons le parti d’en rire et d’en faire un jeu. Rechercher les mots de toutes ces couleurs sensées figurer dans les illustrations.

Un autre jour, il me ramène un livre qui s’intitule "The Moth and the Sloth" (la Mite et le Paresseux) (essayer donc déjà de prononcer ces deux mots ensemble en Anglais). "The Moth and the Sloth" est la description des us et coutumes de ces deux animaux et nous sommes fort contents d’apprendre que la mite à l’habitude de pondre ses œufs sur les excréments tout chauds du paresseux. Je suis quand même allé voir Mrs Rore pour revoir le choix des livres.

L’association de parents d’élève a un rôle important. Elle aide l’administration, récolte des fonds, organise des événements extra scolaires. Il y a deux semaines nous avons pu voir, assis sur des matelas improvisés, "Kung Fu Panda", sous le préau de l’école, avec écran géant. Succès garanti, puisqu’il n’y pas de cinéma dans les Iles. Je l’ai aussi inscrit au football, supervisé par deux parents, tout les mardis en début après midi. Les petits s’amusent en dépit de la chaleur accablante.

Nov 2, 2008

Week end maison

Il refait beau, après une journée de pluie torrentielle, mais que nous avons accueillie avec soulagement. Nous ne sommes quand même pas allés à la plage. C’est l’époque des méduses de mer, plus précisément des larves de méduses de mer. La semaine dernière, beaucoup de petits et quelques adultes sont revenus de la plage, le corps couverts de petites piqures qui démangent. C’est donc week end maison, piscine et jeux de cartes. David est un vrai champion à la « bisca » et son plus grand plaisir, nous mettre « capote ». Comme à chaque fois, avant de commencer à jouer, il fera appel à la magie, grâce à une pierre que je lui donné, sensée avoir des pouvoirs magiques. Un vrai petit garçon des Iles.
Betty a retrouvé sa mère qui a quittée Auki, ce week end, pour rejoindre sa belle sœur malade. Les médecins de l'hôpital d’Honiara, où sa belle sœur a séjourné quelques jours, n'ont rien trouvé. Elle se plaint de maux dans tout le corps et pleure à longueur de journée. Il faut donc faire appel à la médecine Kastom, magie locale et medicaments issus de la forêt.

Sa belle soeur, Mary, est originaire de Guadalcanal et s'est mariée avec le frère de la mère de Betty, un Malaitan. Elle représente un des clans qui habitent à l’Ouest de Guadalcanal. L'ile de Guadalcanal suit la tradition matriarcale, contrairement à Malaita, et les terres sont donc transmises de mère en fille. C’est ainsi que Mary a récemment signé un accord avec une entreprise pour la coupe de bois dans leurs terres. Mais le clan voisin se plaint, réclame des droits et une partie de l’argent versée, même si la justice a rendu raison à la belle sœur et à son clan.

Ils ont donc jeté un sort à Mary. La famille a recours aux médecins kastoms mais ont aussi, ce matin, rendu visite au prêtre (Anglican cette fois), qui devrait prier pour Mary et « maudire la jeteuse de sorts » me dit Betty.

Je parlerai une autre fois du drame économique et social de la coupe et exportations effrénées de bois (essentiellement par des malaysien-chinois), une ressource qui assure encore la majorité des recettes de l'état mais sera épuisée dans trois ou quatre ans.

Oct 29, 2008

BETTY


La famille de Betty est originaire de Malaita. Betty est née et a vécu la majeure partie de sa vie à Guadalcanal, dans la campagne à l’Ouest de Honiara. Elle se définira pourtant toujours comme Malaitan.

N’ayant pas d’argent pour continuer ses études à 16 ans, elle part à Nauru comme gouvernante pour s’occuper des enfants d’une famille aisée.

Nauru, un atoll, au Nord Ouest d’Honiara. Un état indépendant de 24 km2 qui compte aujourd’hui environ 13.000 habitants. Très riche en phosphates, Nauru a connu une prospérité sans précédent dans le Pacifique. Betty se plait à Nauru. Elle y retrouve beaucoup de ses compatriotes, originaires de Malaita.
Depuis, les ressources se sont épuisées. L’exploitation des phosphates a détruit la végétation tropicale et l’ile n’est plus qu’un grand rocher. En 2001, Nauru accepte la proposition du gouvernement conservateur de Howard. Celui-ci cherche à établir un camp de détention pour les demandeurs d’asile, en interceptant les « boat people » qui essaient de rejoindre l’Australie, depuis l’Indonésie. C’est un nouveau boom économique pour Nauru. Le nouveau premier ministre Australien, élu en 2007, décide de fermer ce camp, très controversé, qui génère un cinquième des revenus du pays.

En revenant de Nauru, cinq ans après, Betty rejoint ses parents à Guadalcanal. Ils ont une maison qu’ils ont acheté , des cochons, des poulets. Ils cultivent le taro, les patates douces. Nous sommes justes en 1999, « lorsque les tensions s’aggravent ». Leurs voisins – natifs de Guadalcanal - avec qui ils entretiennent de cordiales relations, se saluant le matin, discutant un peu le soir, sont pris par la fièvre des tensions. Ils les expulsent et s’approprient de tous leurs biens. « Même les 6 cochons », précise Betty, visiblement encore traumatisée. Elle a revu depuis ses voisins. « Ils n’osent pas nous regarder », dit-elle.

Les droits fonciers coutumiers, ici dans les Iles, comme dans tout le Pacifique constituent un véritable casse tête. Problème social, économique, politique et que personne n’ose toucher, gouvernement inclut. Il n’y a pas de propriété « privée » mais communale. Les communes (un clan, une tribu, un village…) peuvent retirer un bénéfice de leurs terres en les louant, location généralement à long terme, 50 ans, 75 ans... Mais il n y a pas de registre foncier; comme il n’y a pas non plus de « recensement communal ». Une fois les accords passés entre le clan propriétaire foncier et le locataire, rien n’empêche quelqu’un d’autre, de réclamer des droits sur la propriété, au nom d’un arrière-arrière-grand père qui se serait marié avec la tante de la cousine de la sœur…et qui est donc rattaché au clan. Cela arrive souvent et surtout lorsque la terre a pris de la valeur: un « resort » qui marche bien, une plantation de cocotiers….

Il y a aussi les rancunes envers les Malaitans qui sont arrivés à Guadalcanal et acheté des terres, leurs terres, et qui vont s’exacerber durant les « tensions ».

Après l’expulsion, la famille déménage à Honiara qui est devenu une enclave malaitane. Mais l’insécurité est trop grande, ils rentreront à Malaita, plus précisément à Auki, la capitale provinciale en 2000.

Auki, c’est un petit village. Il y règne une atmosphère d’abandon, de vide. Un peu comme une ville du Far West désertée. Auki a pourtant deux banques, édifices imposants juste l’un a côté de l’autre. ANZ a tout juste une centaine de clients. Depuis un an, les camions mobiles d’ANZ parcourent les villages le long de la route Nord Sud, réhabilitée par la coopération Australienne, pour recueillir les épargnes rurales. Epargnes des villageois qui enterrent leurs économies à même le sol. Épargne aussi des fonctionnaires publics, (instituteurs, police) qui doivent se rendre à Auki pour y retirer leurs salaires et perdre ainsi une demi-journée de travail.

C’est en raison de la forte densité populationnelle le long des routes de Malaita qu’ANZ a pu initier son projet de banque rurale. Et c’est là tout le drame de Malaita. Avec une population estimée à environ 140.000 habitants (presqu’un tiers de la population des Iles Salomon) et une activité économique presque inexistante, les habitants de Malaita en sont réduits à l’immigration vers Honiara, où ils sont d’ailleurs en majorité. C’est bien là une des causes majeures des « tensions » de 99.

L’hôtellerie se développe pourtant à Auki. Pas en raison du tourisme, mais des ONG présentes sur le terrain.
Mais la famille a besoin d’argent. C’est Betty qui revient à Honiara, toute seule, en 2000. Elle loge et travaille comme réceptionniste à l’hôtel Pacific Casino, tenu par un chinois salomonien et peut envoyer de l’argent à sa famille. Elle y restera jusqu’à la fin des tensions et l’arrivée de RAMSI en 2003. Le propriétaire, un chinois fait venir des militants de « Malaita Eagle Force », l’armée militaire de Malaita, pour protéger l’hôtel (celui-ci finira par être brulé lors des émeutes de 2006. Il a depuis été reconstruit).

Betty y rencontre Steven qui est aussi un Malaitan. Ils ont un « piquinini », Josh qui a aujourd’hui cinq ans. Ils lui parlent en Pidgin puisque c’est aussi en Pidgin qu’ils communiquent entre eux. Bien que tout deux originaires de Malaita, Betty parle deux langues locales qui ne sont pas les mêmes que les deux autres parlées par son mari.

Ils se marient, mais pas sous la bénédiction de l’église « South Sea Evangelical » auxquels ils appartiennent tout deux, car l’enfant est déjà là. Cela se fera peut-être plus tard. La « South Sea Evangelical » est une église bien Salomienne qui a son origine dans le Queensland fin 19 ème siècle. Elle vise alors les mélanésiens recrutés de force pour travailler dans les plantations à sucre, puis les suivra lorsqu’ils seront rapatriés de force. La « South Sea Evangelical" est fortement implantée à Malaita tout comme les Anglicans le sont dans les iles Florides.
La « South Sea Evangelical » devrait d’ailleurs élire son nouveau représentant jeudi prochain. Election à laquelle se présentent 5 candidats dont un réverend polémique. Or il y a juste quelques jours, le « speaker » du parlement, qui est aussi un membre de cette église, est intervenu pour publiquement désavouer ce même révérend, ce qui cause un certain malaise et fait la une du journal quotidien. De quel droit un membre parlementaire se mêle t-il d’affaires internes de l’église? Le révérend partage les fidéles en voulant "introduire des pratiques Juives…". C’est Betty qui m’éclaircira. Il veut revenir à l’ancien testament et reéintroduire des pratiques anciennes: se déchausser avant de pénétrer dans l’église, abolir l’obligation des cheveux noués pour les femmes lors de la messe… Il y a surement des différence théologiques mais Betty n’en sait rien et les journaux pas plus.
Suivant la tradition ou « Kastom », la famille de Steven a du apporter la dot, le « prix de la fiancée » à la famille de Betty. Une coutume typiquement Malaitane. D’abord des monnaies-coquillages sous forme de colliers évalués a 6.000 dollars auxquels s'ajoutent 4.000 dollars en cash. Un total de 10.000 SBD (dollar salomonais). La famille achète ainsi la fiancée mais aussi sa future « production », c’est à dire leurs enfants. En cas de séparation, l’homme a droit de garde sur les enfants.

Ce n’est pas un petite somme. Je me souviens de John travaillant à Auki dans la banque rurale, qui étant sur le point de se marier, avait contracté un prêt pour justement financer la dot. Peut-être pour éviter les endettements, l’église a son mot à dire. Le frère de Betty par exemple, a été admonesté en raison du montant de la dot reçu par sa famille, perçu comme trop élevé par le pasteur. Le frère a du mal à comprendre cette punition, puisque les deux familles étaient d’accord. Il se vexe et justement part s’enrôler auprès du révérend polémique. Celui ci doit gérer des ressources financières importantes. Ils lui payent des études en Australie pour « étudier la bible » me dit Betty.
L’argent de la dot sera distribué aux membres de la famille de Betty. Une partie reviendra au jeune couple marié sous forme de cadeaux, essentiellement de la nourriture, offerte lors du mariage Kastom.
Début 2007, ils reviennent à Auki. Betty se languit de sa mère et Steven a trouvé un travail auprès du gouvernement local. Mais Steven joue les Don Juan avec une institutrice. Betty l’apprend et se rend à l’école. Elle est folle de rage, veut tuer sa rivale. Elles s’empoignent et la police doit intervenir. Après pourparlers, l’institutrice accepte de payer une compensation, 500 SBD, que Betty remettra à sa famille.
On a du mal à imaginer Betty en furie. A l’image de la plupart des salomonais, elle est très réservée. Elle n’exprime pas directement sa joie, sa tristesse, ses ennuis. Un autre code de langage qu’il faut apprendre et interpréter. Les Salomonais se rattrapent à d’autres moments. Les départs par exemple, qui donnent lieu à des discours émotifs et larmoyants, les scènes de jalousies comme en témoigne Betty, et d’autres auxquelles j’ai pu assister. « Vous, Betty, vouloir tuer quelqu’un, je ne peux le croire ». Je crois bien que c’est la première fois que je la vois rire, vraiment rire. Une violence dissimulée qui trompe. Comme la violence conjugale qui est très répandue. Son mari frappait Betty aussi de temps en temps, « mais moi je ne le laissais pas faire. Je le battais aussi ».

Betty décide de se séparer. « Et votre enfant? » son mari pouvait le garder, c’est Kastom. Kastom ou pas elle va quand même se renseigner auprès du commissariat. La loi lui permet de garder son enfant lui dit la police. « Les hommes ne peuvent même pas cuisiner alors comment pourraient- ils s’occuper d’un petit?». C’est la famille du père qui normalement s’occupe de l’enfant, des fois comme forme de chantage pour faire revenir la mère. Mais la famille qui vit dans le Nord Ouest de Malaita est d’accord pour laisser Josh avec sa mère.

La situation est devenue intenable pour Steven qui doit repartir à Honiara. En plus il a du payer une compensation pour le mal causé. Les frères de Betty vont empocher 2.000 SBD. Il ne leur pardonnera pas.

Betty vit donc avec sa mère et son fils. Mais elle doit maintenant gagner sa vie. Steven ne contribuera pas financièrement à l’éducation de son fils. A son tour elle reprend le chemin vers Honiara. C’est à ce moment lá, en Aout 2007, que nos chemins se croisent. Je viens tout juste d’arriver, je cherche quelqu’un.

C’est Annette qui nous introduit, une « wantok » aussi de Malaita. "Wantok" dérive de l’anglais « one talk » qui peut se définir comme ceux qui parlent la même langue. Dans la tradition, ceux qui justement partagent la même langue s’entraident, en cas de besoin. Une sorte de sécurité sociale interne. Annette a son business et place des « house girls » (comme sont ainsi désignées les femmes de ménage). Elle a visiblement travaillée pour des occidentaux, expansive, convaincante, un moulin à paroles. Betty, elle, n’ouvrira pas la bouche.

Betty travaille chez nous depuis maintenant un peu plus d’un an. Quelques mois après son arrivée, elle se réconcilie avec son mari et ils reprennent vie commune. Ils vont rechercher le petit Josh à Auki. « Vous l’aimez ? » je lui demande. Elle hausse les épaule et réponds, « Josh a besoin d’un père ». Et puis elle peut avoir de nouveau son enfant auprès d’elle, avoir aussi moins de soucis financiers, c’est plus facile à deux.

Une partie de sa famille a repris possession d’une partie de leurs biens à Guadalcanal, suite à un accord entre le gouvernement et les populations locales. Betty pourrait y retourner. Mais dans tout ce processus de migrations internes, elle est devenue « urbaine ». Elle travaille. Son mari a un taxi. Ils ont l’électricité, la télévision, un DVD. Elle ne veut plus revenir dans le village et tout recommencer. Et puis l’insécurité est toujours présente. Et si les tensions refaisaient surface…

Betty sera toujours une malaitan même si elle y a finalement très peu vécu. Tout son imaginaire, son affectif, son histoire, sont là bas, à Auki. Mais elle est réaliste. Elle sait qu’elle ne pourra pas revenir de sitôt. Mais qui sait? Sa famille réclame la possession de parcelles de terrains à Auki où devrait se construire un nouveau port…bien sur, d’autres familles revendiquent ces mêmes parcelles….

Oct 23, 2008

Les vaches arriveront-elles?

Il n’y a pas de bétail dans les iles Salomon. Des poulets, quelques cochons élevés et consommés par les villageois lors de cérémonies religieuses importantes (mariages ou funérailles). La viande de bœuf que l’on trouve vient d’Australie, de Nouvelle Zélande ou de Vanuatu, surgelée la plupart de temps ou, quand nous avons de la chance, empaquetée sous-vide. Nous l’achetons chez « Meat Lovers » une « boucherie » qui tient boutique dans une station- service. Encore faut-il attendre les arrivages par avion.

Mais il semble que nous pourrons manger, à terme, un steak « salomonien ». Une centaine de bêtes australiennes devraient bientôt arriver à Honiara, dans le cadre d’un programme de coopération. L’enclos a déjà été bâti dans un champ, à une 15 de km de Honiara. Seulement voilà. Comment transporter les bêtes, du port jusqu’à l’enclos? Le Ministre de l’Agriculture, un peu affolé, appelle le coordinateur de RAMSI. "Pourriez vous nous aider en cédant vos camions militaires"?

Mais les vachettes ne sont pas encore là. Plus fragiles que les poulettes. Or, il n’y a qu’un vétérinaire dans toutes les Iles Salomon. Il vit à Honiara et s’occupe des chiens et chats des familles d’ex pats, les nôtres inclus. En plus, il voyage souvent dans le cadre de congrès internationaux. Lorsqu’il est absent, le personnel de sa très modeste clinique, lui envoie un email, en décrivant les symptômes de l’animal malade. Le traitement et les prescriptions conseillés reviennent par email, normalement le lendemain.

Je ne sais donc toujours pas quand les vaches arriveront.

Oct 22, 2008

Bureaucraties

David doit renouveler son passeport Australien qui expire début Décembre. Opération simple. Nous repartons à Brisbane pour les fêtes de Noël vers mi Décembre. Je ne m’y suis donc pris que 2 mois à l’avance. Je vais donc voir Julieth, officier des passeports, au consulat Australien. Elle me remet les formulaires.

Premier hic : Il me faut trouver à Honiara, quelqu’un qui certifie connaitre mon fils depuis au moins 2 ans. Or je ne suis ici que depuis 1 an. Je demanderai bien à mon ami français Frank ou à Carmen la Brésilienne, mais il faut un Australien. Et ce n’est pas un Australien qui donnera des informations pas tout à fait « véridiques ». J’ai de la chance, une de nos amies de Brisbane vient juste de nous envoyer un mail et sera ici pendant quelques jours.

Deuxième hic : Je n’ai pas un papier essentiel. Le certificat de nationalité Australien que le consulat délivre à la naissance de l’enfant. Paris nous l’a bien envoyé à l’époque, Peut être est- il quelque part dans notre maison à Brisbane, ou perdu…Je ne m’en fait pas trop. « Ecrivez au consulat à Paris. Ils vous enverront une copie. A voir les yeux grands ouverts de Julieth, je me rends compte que cela ne va pas être si simple. Je propose de prendre directement contact avec Paris. Mais il y a des hiérarchies à respecter. Elle m’assure qu’elle demandera à Lorna de s’en occuper. Lorna est sa collègue de travail, la responsable, la seule, des services de l’immigration à Honiara. Une toute jeune qui semble déborder par les évènements.

Au bout d’une semaine, je reviens avec mon formulaire, les 2 photos de David (qui a l’air d’un enfant battu, « il ne faut surtout pas sourire » lui ais dit, « c’est le règlement ». Il l’a pris très au sérieux.).
« Alors, Paris des nouvelles »? je lance à Julieth.
« Non pas encore, j’ai déjà envoyé 3 emails à Lorna, mais elle n’a pas répondu ». Je vois. « Vous pourriez peut-être lui parler directement » lui dis-je « puisque vous travaillez à 10 mètre l’une de l’autre ». Elle me regarde l’air très abattu.

« Bon, dis-je « envoyez moi le dernier email que vous avez adressé à Lorna », et je suivrai l’affaire ». Bien sur, rien n’arrive. Alors, j’écris à Lorna à Julieth en demandant gentiment s’il faut que je m’adresse directement aux services d’immigration Australien de Paris ou de Papouasie Nouvelle Guinée (car pour les services d’immigration, je viens d'apprendre qu'Honiara dépend de PNG ).

Bon, encore quelques emails et trois semaines après, la réponse du grand chef papou arrive. Il faudrait tout d'abord, prendre contact avec Paris. Tiens donc ! Si Paris n’a pas le certificat, il faut adopter une autre procédure qui est évidemment n'est pas simple. Là, j’angoisse. Il faut réserver les billets d’avion cette semaine. Faut-il que je parte plus tôt que prévu, avant le délai d'expiration du passeport? On ne vas quand même pas se retrouver bloqué À Honiara pendant Noel. Et ensuite, se retrouver à Brisbane, sans passeport? Je vais sur internet et j’écris au consulat australien à Paris. Avec le décalage horaire, en 3 heures, j’ai la réponse. On m’informe que le consulat à Paris ne garde aucune copie des certificats de naissance. Il faut donc maintenant que je fasse une demande de « Preuve de Nationalité ». C'est-à-dire, remplir un autre formulaire, refaire des photos, retrouver un australien qui certifie connaitre David…. Ensuite le dossier est envoyé à Canberra, analisé, et le certificat délivré dans un délai qui varie entre 2 à 3 mois. Une fois mon certificat en main, je pourrai alors faire une demande de passeport. Trop de bureaucracies, j’abandonne. C’est Paul qui prend la relève.

Oct 20, 2008

Scoop à Bonegi Beach

Dimanche, le scoop à Bonegi Beach. Nous sommes partis David et moi, Laura une jeune Belgo-italienne qui travaille pour l'union européene et une de ses amies australienne.

Nous nageons et en me retournant je vois que plusieurs personnes sur la plage regardent fixement, quelque part, au loin dans l'océan. J'avoue que pendant une fraction des seconde je pense aux crocodiles de mer. "Mais nous aurions criés", me dit aprés une de ces personnes.

Je regarde à mon tour et j'appelle précipitamment David, en apercevant ce que je crois être un dauphin, vraiment très prés du rivage. Et puis soudain, une énorme masse grise remonte à la surface et de suite replonge. Ce n'est pas un dauphin, mais une baleine. Quelle excitation. Ce sera bref, pourtant. Nous ne la reverrons plus.