
Je passe au Français pour la famille du pays d’Oc!
Nos amis de Brisbane sont arrivés dimanche dernier. Beb est Français. Amanda, Australienne. Hugo et Gaia ont à peu prés le même âge que David. On est content. Ce n’est pas tous les jours que nous avons des visites. La maison est bien vivante avec trois gamins, six chats (dont trois petits) et un chien!
Nous voilà partis deux jours à Savo, petite île volcanique à environ une heure de Honiara. Nous parcourons en Hilux la route principale - la seule - qui mène à Vila, à la presque pointe Ouest de Guadalcanal. Une route que je connais bien. Elle est parsemée de villages et de petits marchés locaux où les gens attendent avec impatience l’arrivée du camion ANZ - la banque mobile - « Bank Blo Evrywan » (« La banque de tout le monde ») qui offre épargnes et microcrédits. Puis, une autre demi-heure en bateau. La mer est calme. Un vrai régal. On oublie que la mer entre Savo et Guadalcanal a été le théâtre de la Bataille de Savo, en 1942. Un vrai désastre pour les américains qui ont perdu plusieurs des leurs, épaves qui reposent au fonds de la mer.
En approchant, l’ile révèle son côté énigmatique, étrange, avec ses hautes parois escarpées et ses forêts impénétrables, d’un vert dense.
Sir Allan Kemakeza et Lady Jocelyn sont les propriétaires de la très modeste pension, au nom romantique de Sunset Lodge (le coucher de soleil est effectivement remarquable). Sir Allan est un personnage politique important. Un des très rares élus avec plus de… 3.000 votes! Il a le titre de l'Excellentissime Ordre de l'Empire britannique.
Sir Allan, qui était Premier Ministre en 2003, est aussi le responsable de la présence des Australiens en terre salomienne, ou plutôt de la présence de RAMSI, pour être politiquement correcte. RAMSI ou Regional Assistance Mission to the Solomon Islands (mission d’assistance régionale aux iles Salomon), force internationale de sécurité composée de l’Australie, la Nouvelle Zélande et d’une multitude de pays du Pacifique Sud, envoyée dans un premier temps, pour rétablir l’ordre et l’autorité de l’état. Aujourd’hui, RAMSI est aussi engagé dans le développement à long terme. Une importante opération de coopération internationale dans la région et la raison pour laquelle 95% des expats sont ici, y compris notre famille.
Sir Allan est aussi le ministre des Forêts. Ou plutôt, il était ministre, il y a de ça quelques semaines.... aujourd’hui, il est en prison. Accusé et jugé coupable d’extorsion d’argent sous menace, intimidation et vol en rapport avec un raid qu’il aurait organisé en 2002, contre une boite d’avocats australienne. D’abord condamné a deux mois (ce qui lui aurait permis de rester ministre), en raison de circonstances atténuantes (c’est bien grâce à lui que l’ordre a été rétabli en 2003), le prosécuteur public a fait appel. Il en aura donc pour 6 mois. D’autres ont eu plus de chance que lui. Jimmy Rasta, par exemple, qui a terrorisé les populations de Guadalcanal lors des « tensions » et qui a récemment été acquitté, fautes de témoignages... En plein procès, il aurait intimidé les témoins en passant le pouce le long de sa gorge, dans un geste bien explicite. Il paraît que le juge n’a rien vu…
Ce n’est que le troisième parlementaire à perdre sa charge, cette année. Le second vient tout juste de faire appel alors qu’il a été condamné à 9 mois de prison. L’année dernière, un adolescent aurait insulté sa femme (ou lui aurait donné un coup de pied, ce n’est pas très clair) alors qu’il l’a conduisait a l´hôpital. Mr Channel n’a pas hésité à défendre l’honneur de sa femme, en sortant son couteau de sa poche et en lacérant la joue de l’adolescent mal élevé! Le juge a confirmé la sentence initiale.
Le troisième, Charles Dausabea a une histoire intéressante. Membre du parlement, il est arrêté en 2006, accusé d’être derrière les émeutes de Mai 2006, deux jours de violence qui ont détruit le quartier chinois de Honiara, et par conséquent, surpris et humilié RAMSI. Suite à ces émeutes, un nouveau premier ministre est désigné. Il nomme Mr Dausabea, Ministre de la Police, alors que celui-ci est encore en prison. Acquitté en 2007 des charges reliées aux émeutes, Dausabea est néanmoins condamné en Avril 2008 pour fraude et détournement d’argent. Il en a pour 18 mois.
Mais revenons à Savo. Nous sommes accueillis par le staff, toujours avec une grande gentillesse. David est connu et a droit à de grands sourires. Il est déjà un peu tard dans la matinée, trop tard pour les « mégapodes » alors nous partons en ballade. Nous ne grimperons pas au volcan. Trop long, trop dur. Les dernières éruptions volcaniques auraient eu lieu entre 1835 et 1850. Une d’entre elles aurait été si violente que toute vie sur l’ile a été détruite. Nous, nous contenterons de marcher jusqu’à une chute d’eau à environ 1 heure de marche.

Nous traversons le village à quelques centaines de mètres de la pension. Bien en évidence, l’église du village, bâtiment modeste recouverte de feuilles de palmiers. Tout juste derrière, un second bâtiment cette fois en dur, imposant. La nouvelle église, mais pas encore terminée. « Plus d’argent » nous dit notre guide.
La végétation est luxuriante, les fleurs aux couleurs vives se succèdent. C’est l’époque des mangues, il y en a partout et des « Ngali nuts », ces fruits à coque du Pacifique, un peu fades à mon goût.
La ballade n’est pas trop dure sauf les derniers 200 mètres. Nos guides sont des grimpeurs aguerris. Ils prennent les enfants sur les épaules et grimpent sans difficultés tandis que nous peinons derrière. La chute d’eau n’est pas spectaculaire, il n’a pas beaucoup plu récemment. Tout au long de la ballade, nous verrons des canalisations rudimentaires reliées les unes aux autres qui amènent l’eau jusqu’au village. Les enfants sont fatigués, ils ont faim et chaud. Ils nous diront plus tard qu’ils ont détesté la promenade.
Le soir, les gamins sont dans ma chambre. Ils s’amusent à éteindre et à rallumer la lumière du plafond. Un néon, auquel une main artistique a collé un scotch coloré moitié bleu, moitié rose. Effet boîte de nuit.
La nuit est paisible. Pas de moustiques à Savo. Mais je dors très mal, me levant chaque heure pour badigeonner mon doigt de pied d’antiseptique. Une petite éraflure de rien du tout à laquelle je n’ai pas prêté attention, s’est infectée. Cela me rappelle ce consultant arrivant d’Australie à Honiara avec une toute petite blessure à la jambe. Il part à Choiseul (tout à l´Ouest du pays). L’avion, sans doute par manque d’essence, ne revient pas le chercher comme prévu. Quand aux bouts de quelques jours il revient à Honiara, il est de suite évacué vers Brisbane. Sa jambe est toute enflée; il faudra plusieurs jours à l’hôpital et des massives doses d’antibiotiques pour qu’il se rétablisse.
David dort avec moi. Le matin, encore à moitié endormie, j’entends Hugo qui entreouvre la porte de notre chambre. Les voilà les deux parti, je ne sais où. Je ne me fait pas de soucis, on est bien tranquille à Savo.
Au tour d’aller voir les « mégapodes » (littéralement grand pied), une des attractions de l’île, à 10 minutes en bateau. Oiseaux curieux, espèce en extinction. Ils enterrent leurs gros œufs dans les sables chauds volcaniques à environ un mètre de profondeur et le rôle parental est terminé. Les petits naissent après quelques semaines, et une demi- heure après, s’envolent libres et indépendants. Comme d’habitude, nous sommes arrivés un peu tard et nous ne les verrons que de loin. Le chef du village veut absolument nous compenser et nous offre un bel œuf qu’il déterre. David est persuadé que nous gardons l’œuf pour le voir éclore et garder l’oiseau. Mais nous le mangerons quelques heures plus tard. Les œufs sont une source de protéines pour les habitants du village qui curieusement ne pêchent pas et qui se nourrissent essentiellement de tubercules (tarots, cassaves, patates douces…).
Le chef du village à qui appartient la « nursery » des mégapodes nous dira qu’il perçoit un droit de passage chaque fois que le Sunset Lodge ramène des visiteurs. Une source de revenus complémentaire qui s’ajoute à la vente des noix de coco qui sont d’abord séchées à l’air libre sur la plage, puis transportés vers Honiara. Une activité auquel s’adonnent tous les villages des iles Salomon. Comme le prix du copra s’est envolé, c’est aujourd’hui un bon business.
La plage est belle. Enfin, une longue plage de sable blanc. Nous nous baignons avec les gamins du village qui surpassent leur timidité et nous rejoignent. Il y a néanmoins quelques étranges odeurs et certains « vestiges humains » que je trouve lors de ma courte ballade sur la plage. Comme dira Beb « ils doivent bien rire les locaux, de nous voir nos prélasser dans les chiottes publique ». Retour au Sunset Lodge où Beb va prendre des dizaines de photos du coucher de soleil. Beb est notre photographe officiel et m’a promis de les mettre sur le web.
Dans le restaurant, grande photo bien en vue. Surprise nous y sommes Paul, David et moi. Première réunion de la Mission Civile de RAMSI à Savo. C’était peu après notre arrivée. RAMSI a organisé un week-end sympa pour les nouveaux arrivants.
Je vais discuter quelques minutes avec Lady Jocelyn. D’un embonpoint certain, tee- shirt jaune vif, elle se tiendra à l’écart pendant tout le séjour, assise ou couchée sur un banc face à la mer.
Le jour suivant, c’est le tour des dauphins. Un spectacle qui ravit toujours petits et grands. Ils sont une vingtaine, sautant autour du bateau qui tourne en rond pour leur couper le passage.
La BBC est venu à Savo, il y a de ça deux mois. « Qu’ont-ils filmés », je demande. Le volcan, les mégapodes et les dauphins. Le parcours habituel. La semaine prochaine ce sont de jeunes étudiantes de Perth qui viendront pour une journée dans le cadre d’un échange culturel entre écoles catholiques ou protestantes, je ne sais plus.
Nous rentrons à Honaira et surprise! un paquet arrivé tout droit de Bayonne. La famille Basque-Ariégoise nous a envoyés des photos, une lettre et des DVDs : Jean Yanne, Lino Ventura et Yves Montand. Je vais me régaler.
PS : Dernières nouvelles concernant Mr Ganate, celui des photos pornos. Nous en savons un peu plus sur ce qui s’est passé. Il semble que peu après l’apparition des photos scandaleuses, Mr Ganate se serait précipité sur l'USB flash drive et l’aurait lancé a la mer. Il se justifie en disant que cet objet avait attiré "les mauvais esprits" sur la conférence et qu’il n’y est pour rien. La police a néanmoins perquisitionné chez lui et il semblerait que sa maison soit aussi la proie des "mauvais esprits". Sa carrière politique semble plutôt compromise...
La ballade n’est pas trop dure sauf les derniers 200 mètres. Nos guides sont des grimpeurs aguerris. Ils prennent les enfants sur les épaules et grimpent sans difficultés tandis que nous peinons derrière. La chute d’eau n’est pas spectaculaire, il n’a pas beaucoup plu récemment. Tout au long de la ballade, nous verrons des canalisations rudimentaires reliées les unes aux autres qui amènent l’eau jusqu’au village. Les enfants sont fatigués, ils ont faim et chaud. Ils nous diront plus tard qu’ils ont détesté la promenade.
Le soir, les gamins sont dans ma chambre. Ils s’amusent à éteindre et à rallumer la lumière du plafond. Un néon, auquel une main artistique a collé un scotch coloré moitié bleu, moitié rose. Effet boîte de nuit.
La nuit est paisible. Pas de moustiques à Savo. Mais je dors très mal, me levant chaque heure pour badigeonner mon doigt de pied d’antiseptique. Une petite éraflure de rien du tout à laquelle je n’ai pas prêté attention, s’est infectée. Cela me rappelle ce consultant arrivant d’Australie à Honiara avec une toute petite blessure à la jambe. Il part à Choiseul (tout à l´Ouest du pays). L’avion, sans doute par manque d’essence, ne revient pas le chercher comme prévu. Quand aux bouts de quelques jours il revient à Honiara, il est de suite évacué vers Brisbane. Sa jambe est toute enflée; il faudra plusieurs jours à l’hôpital et des massives doses d’antibiotiques pour qu’il se rétablisse.
David dort avec moi. Le matin, encore à moitié endormie, j’entends Hugo qui entreouvre la porte de notre chambre. Les voilà les deux parti, je ne sais où. Je ne me fait pas de soucis, on est bien tranquille à Savo.
Au tour d’aller voir les « mégapodes » (littéralement grand pied), une des attractions de l’île, à 10 minutes en bateau. Oiseaux curieux, espèce en extinction. Ils enterrent leurs gros œufs dans les sables chauds volcaniques à environ un mètre de profondeur et le rôle parental est terminé. Les petits naissent après quelques semaines, et une demi- heure après, s’envolent libres et indépendants. Comme d’habitude, nous sommes arrivés un peu tard et nous ne les verrons que de loin. Le chef du village veut absolument nous compenser et nous offre un bel œuf qu’il déterre. David est persuadé que nous gardons l’œuf pour le voir éclore et garder l’oiseau. Mais nous le mangerons quelques heures plus tard. Les œufs sont une source de protéines pour les habitants du village qui curieusement ne pêchent pas et qui se nourrissent essentiellement de tubercules (tarots, cassaves, patates douces…).
Le chef du village à qui appartient la « nursery » des mégapodes nous dira qu’il perçoit un droit de passage chaque fois que le Sunset Lodge ramène des visiteurs. Une source de revenus complémentaire qui s’ajoute à la vente des noix de coco qui sont d’abord séchées à l’air libre sur la plage, puis transportés vers Honiara. Une activité auquel s’adonnent tous les villages des iles Salomon. Comme le prix du copra s’est envolé, c’est aujourd’hui un bon business.
La plage est belle. Enfin, une longue plage de sable blanc. Nous nous baignons avec les gamins du village qui surpassent leur timidité et nous rejoignent. Il y a néanmoins quelques étranges odeurs et certains « vestiges humains » que je trouve lors de ma courte ballade sur la plage. Comme dira Beb « ils doivent bien rire les locaux, de nous voir nos prélasser dans les chiottes publique ». Retour au Sunset Lodge où Beb va prendre des dizaines de photos du coucher de soleil. Beb est notre photographe officiel et m’a promis de les mettre sur le web.
Dans le restaurant, grande photo bien en vue. Surprise nous y sommes Paul, David et moi. Première réunion de la Mission Civile de RAMSI à Savo. C’était peu après notre arrivée. RAMSI a organisé un week-end sympa pour les nouveaux arrivants.
Je vais discuter quelques minutes avec Lady Jocelyn. D’un embonpoint certain, tee- shirt jaune vif, elle se tiendra à l’écart pendant tout le séjour, assise ou couchée sur un banc face à la mer.
Le jour suivant, c’est le tour des dauphins. Un spectacle qui ravit toujours petits et grands. Ils sont une vingtaine, sautant autour du bateau qui tourne en rond pour leur couper le passage.
La BBC est venu à Savo, il y a de ça deux mois. « Qu’ont-ils filmés », je demande. Le volcan, les mégapodes et les dauphins. Le parcours habituel. La semaine prochaine ce sont de jeunes étudiantes de Perth qui viendront pour une journée dans le cadre d’un échange culturel entre écoles catholiques ou protestantes, je ne sais plus.
Nous rentrons à Honaira et surprise! un paquet arrivé tout droit de Bayonne. La famille Basque-Ariégoise nous a envoyés des photos, une lettre et des DVDs : Jean Yanne, Lino Ventura et Yves Montand. Je vais me régaler.
PS : Dernières nouvelles concernant Mr Ganate, celui des photos pornos. Nous en savons un peu plus sur ce qui s’est passé. Il semble que peu après l’apparition des photos scandaleuses, Mr Ganate se serait précipité sur l'USB flash drive et l’aurait lancé a la mer. Il se justifie en disant que cet objet avait attiré "les mauvais esprits" sur la conférence et qu’il n’y est pour rien. La police a néanmoins perquisitionné chez lui et il semblerait que sa maison soit aussi la proie des "mauvais esprits". Sa carrière politique semble plutôt compromise...
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