
La famille de Betty est originaire de Malaita. Betty est née et a vécu la majeure partie de sa vie à Guadalcanal, dans la campagne à l’Ouest de Honiara. Elle se définira pourtant toujours comme Malaitan.
N’ayant pas d’argent pour continuer ses études à 16 ans, elle part à Nauru comme gouvernante pour s’occuper des enfants d’une famille aisée.
Nauru, un atoll, au Nord Ouest d’Honiara. Un état indépendant de 24 km2 qui compte aujourd’hui environ 13.000 habitants. Très riche en phosphates, Nauru a connu une prospérité sans précédent dans le Pacifique. Betty se plait à Nauru. Elle y retrouve beaucoup de ses compatriotes, originaires de Malaita.
N’ayant pas d’argent pour continuer ses études à 16 ans, elle part à Nauru comme gouvernante pour s’occuper des enfants d’une famille aisée.
Nauru, un atoll, au Nord Ouest d’Honiara. Un état indépendant de 24 km2 qui compte aujourd’hui environ 13.000 habitants. Très riche en phosphates, Nauru a connu une prospérité sans précédent dans le Pacifique. Betty se plait à Nauru. Elle y retrouve beaucoup de ses compatriotes, originaires de Malaita.
Depuis, les ressources se sont épuisées. L’exploitation des phosphates a détruit la végétation tropicale et l’ile n’est plus qu’un grand rocher. En 2001, Nauru accepte la proposition du gouvernement conservateur de Howard. Celui-ci cherche à établir un camp de détention pour les demandeurs d’asile, en interceptant les « boat people » qui essaient de rejoindre l’Australie, depuis l’Indonésie. C’est un nouveau boom économique pour Nauru. Le nouveau premier ministre Australien, élu en 2007, décide de fermer ce camp, très controversé, qui génère un cinquième des revenus du pays.
En revenant de Nauru, cinq ans après, Betty rejoint ses parents à Guadalcanal. Ils ont une maison qu’ils ont acheté , des cochons, des poulets. Ils cultivent le taro, les patates douces. Nous sommes justes en 1999, « lorsque les tensions s’aggravent ». Leurs voisins – natifs de Guadalcanal - avec qui ils entretiennent de cordiales relations, se saluant le matin, discutant un peu le soir, sont pris par la fièvre des tensions. Ils les expulsent et s’approprient de tous leurs biens. « Même les 6 cochons », précise Betty, visiblement encore traumatisée. Elle a revu depuis ses voisins. « Ils n’osent pas nous regarder », dit-elle.
Les droits fonciers coutumiers, ici dans les Iles, comme dans tout le Pacifique constituent un véritable casse tête. Problème social, économique, politique et que personne n’ose toucher, gouvernement inclut. Il n’y a pas de propriété « privée » mais communale. Les communes (un clan, une tribu, un village…) peuvent retirer un bénéfice de leurs terres en les louant, location généralement à long terme, 50 ans, 75 ans... Mais il n y a pas de registre foncier; comme il n’y a pas non plus de « recensement communal ». Une fois les accords passés entre le clan propriétaire foncier et le locataire, rien n’empêche quelqu’un d’autre, de réclamer des droits sur la propriété, au nom d’un arrière-arrière-grand père qui se serait marié avec la tante de la cousine de la sœur…et qui est donc rattaché au clan. Cela arrive souvent et surtout lorsque la terre a pris de la valeur: un « resort » qui marche bien, une plantation de cocotiers….
Il y a aussi les rancunes envers les Malaitans qui sont arrivés à Guadalcanal et acheté des terres, leurs terres, et qui vont s’exacerber durant les « tensions ».
Après l’expulsion, la famille déménage à Honiara qui est devenu une enclave malaitane. Mais l’insécurité est trop grande, ils rentreront à Malaita, plus précisément à Auki, la capitale provinciale en 2000.
Auki, c’est un petit village. Il y règne une atmosphère d’abandon, de vide. Un peu comme une ville du Far West désertée. Auki a pourtant deux banques, édifices imposants juste l’un a côté de l’autre. ANZ a tout juste une centaine de clients. Depuis un an, les camions mobiles d’ANZ parcourent les villages le long de la route Nord Sud, réhabilitée par la coopération Australienne, pour recueillir les épargnes rurales. Epargnes des villageois qui enterrent leurs économies à même le sol. Épargne aussi des fonctionnaires publics, (instituteurs, police) qui doivent se rendre à Auki pour y retirer leurs salaires et perdre ainsi une demi-journée de travail.
C’est en raison de la forte densité populationnelle le long des routes de Malaita qu’ANZ a pu initier son projet de banque rurale. Et c’est là tout le drame de Malaita. Avec une population estimée à environ 140.000 habitants (presqu’un tiers de la population des Iles Salomon) et une activité économique presque inexistante, les habitants de Malaita en sont réduits à l’immigration vers Honiara, où ils sont d’ailleurs en majorité. C’est bien là une des causes majeures des « tensions » de 99.
L’hôtellerie se développe pourtant à Auki. Pas en raison du tourisme, mais des ONG présentes sur le terrain.
En revenant de Nauru, cinq ans après, Betty rejoint ses parents à Guadalcanal. Ils ont une maison qu’ils ont acheté , des cochons, des poulets. Ils cultivent le taro, les patates douces. Nous sommes justes en 1999, « lorsque les tensions s’aggravent ». Leurs voisins – natifs de Guadalcanal - avec qui ils entretiennent de cordiales relations, se saluant le matin, discutant un peu le soir, sont pris par la fièvre des tensions. Ils les expulsent et s’approprient de tous leurs biens. « Même les 6 cochons », précise Betty, visiblement encore traumatisée. Elle a revu depuis ses voisins. « Ils n’osent pas nous regarder », dit-elle.
Les droits fonciers coutumiers, ici dans les Iles, comme dans tout le Pacifique constituent un véritable casse tête. Problème social, économique, politique et que personne n’ose toucher, gouvernement inclut. Il n’y a pas de propriété « privée » mais communale. Les communes (un clan, une tribu, un village…) peuvent retirer un bénéfice de leurs terres en les louant, location généralement à long terme, 50 ans, 75 ans... Mais il n y a pas de registre foncier; comme il n’y a pas non plus de « recensement communal ». Une fois les accords passés entre le clan propriétaire foncier et le locataire, rien n’empêche quelqu’un d’autre, de réclamer des droits sur la propriété, au nom d’un arrière-arrière-grand père qui se serait marié avec la tante de la cousine de la sœur…et qui est donc rattaché au clan. Cela arrive souvent et surtout lorsque la terre a pris de la valeur: un « resort » qui marche bien, une plantation de cocotiers….
Il y a aussi les rancunes envers les Malaitans qui sont arrivés à Guadalcanal et acheté des terres, leurs terres, et qui vont s’exacerber durant les « tensions ».
Après l’expulsion, la famille déménage à Honiara qui est devenu une enclave malaitane. Mais l’insécurité est trop grande, ils rentreront à Malaita, plus précisément à Auki, la capitale provinciale en 2000.
Auki, c’est un petit village. Il y règne une atmosphère d’abandon, de vide. Un peu comme une ville du Far West désertée. Auki a pourtant deux banques, édifices imposants juste l’un a côté de l’autre. ANZ a tout juste une centaine de clients. Depuis un an, les camions mobiles d’ANZ parcourent les villages le long de la route Nord Sud, réhabilitée par la coopération Australienne, pour recueillir les épargnes rurales. Epargnes des villageois qui enterrent leurs économies à même le sol. Épargne aussi des fonctionnaires publics, (instituteurs, police) qui doivent se rendre à Auki pour y retirer leurs salaires et perdre ainsi une demi-journée de travail.
C’est en raison de la forte densité populationnelle le long des routes de Malaita qu’ANZ a pu initier son projet de banque rurale. Et c’est là tout le drame de Malaita. Avec une population estimée à environ 140.000 habitants (presqu’un tiers de la population des Iles Salomon) et une activité économique presque inexistante, les habitants de Malaita en sont réduits à l’immigration vers Honiara, où ils sont d’ailleurs en majorité. C’est bien là une des causes majeures des « tensions » de 99.
L’hôtellerie se développe pourtant à Auki. Pas en raison du tourisme, mais des ONG présentes sur le terrain.
Mais la famille a besoin d’argent. C’est Betty qui revient à Honiara, toute seule, en 2000. Elle loge et travaille comme réceptionniste à l’hôtel Pacific Casino, tenu par un chinois salomonien et peut envoyer de l’argent à sa famille. Elle y restera jusqu’à la fin des tensions et l’arrivée de RAMSI en 2003. Le propriétaire, un chinois fait venir des militants de « Malaita Eagle Force », l’armée militaire de Malaita, pour protéger l’hôtel (celui-ci finira par être brulé lors des émeutes de 2006. Il a depuis été reconstruit).
Betty y rencontre Steven qui est aussi un Malaitan. Ils ont un « piquinini », Josh qui a aujourd’hui cinq ans. Ils lui parlent en Pidgin puisque c’est aussi en Pidgin qu’ils communiquent entre eux. Bien que tout deux originaires de Malaita, Betty parle deux langues locales qui ne sont pas les mêmes que les deux autres parlées par son mari.
Ils se marient, mais pas sous la bénédiction de l’église « South Sea Evangelical » auxquels ils appartiennent tout deux, car l’enfant est déjà là. Cela se fera peut-être plus tard. La « South Sea Evangelical » est une église bien Salomienne qui a son origine dans le Queensland fin 19 ème siècle. Elle vise alors les mélanésiens recrutés de force pour travailler dans les plantations à sucre, puis les suivra lorsqu’ils seront rapatriés de force. La « South Sea Evangelical" est fortement implantée à Malaita tout comme les Anglicans le sont dans les iles Florides.
La « South Sea Evangelical » devrait d’ailleurs élire son nouveau représentant jeudi prochain. Election à laquelle se présentent 5 candidats dont un réverend polémique. Or il y a juste quelques jours, le « speaker » du parlement, qui est aussi un membre de cette église, est intervenu pour publiquement désavouer ce même révérend, ce qui cause un certain malaise et fait la une du journal quotidien. De quel droit un membre parlementaire se mêle t-il d’affaires internes de l’église? Le révérend partage les fidéles en voulant "introduire des pratiques Juives…". C’est Betty qui m’éclaircira. Il veut revenir à l’ancien testament et reéintroduire des pratiques anciennes: se déchausser avant de pénétrer dans l’église, abolir l’obligation des cheveux noués pour les femmes lors de la messe… Il y a surement des différence théologiques mais Betty n’en sait rien et les journaux pas plus.
Suivant la tradition ou « Kastom », la famille de Steven a du apporter la dot, le « prix de la fiancée » à la famille de Betty. Une coutume typiquement Malaitane. D’abord des monnaies-coquillages sous forme de colliers évalués a 6.000 dollars auxquels s'ajoutent 4.000 dollars en cash. Un total de 10.000 SBD (dollar salomonais). La famille achète ainsi la fiancée mais aussi sa future « production », c’est à dire leurs enfants. En cas de séparation, l’homme a droit de garde sur les enfants.
Ce n’est pas un petite somme. Je me souviens de John travaillant à Auki dans la banque rurale, qui étant sur le point de se marier, avait contracté un prêt pour justement financer la dot. Peut-être pour éviter les endettements, l’église a son mot à dire. Le frère de Betty par exemple, a été admonesté en raison du montant de la dot reçu par sa famille, perçu comme trop élevé par le pasteur. Le frère a du mal à comprendre cette punition, puisque les deux familles étaient d’accord. Il se vexe et justement part s’enrôler auprès du révérend polémique. Celui ci doit gérer des ressources financières importantes. Ils lui payent des études en Australie pour « étudier la bible » me dit Betty.
Ce n’est pas un petite somme. Je me souviens de John travaillant à Auki dans la banque rurale, qui étant sur le point de se marier, avait contracté un prêt pour justement financer la dot. Peut-être pour éviter les endettements, l’église a son mot à dire. Le frère de Betty par exemple, a été admonesté en raison du montant de la dot reçu par sa famille, perçu comme trop élevé par le pasteur. Le frère a du mal à comprendre cette punition, puisque les deux familles étaient d’accord. Il se vexe et justement part s’enrôler auprès du révérend polémique. Celui ci doit gérer des ressources financières importantes. Ils lui payent des études en Australie pour « étudier la bible » me dit Betty.
L’argent de la dot sera distribué aux membres de la famille de Betty. Une partie reviendra au jeune couple marié sous forme de cadeaux, essentiellement de la nourriture, offerte lors du mariage Kastom.
Début 2007, ils reviennent à Auki. Betty se languit de sa mère et Steven a trouvé un travail auprès du gouvernement local. Mais Steven joue les Don Juan avec une institutrice. Betty l’apprend et se rend à l’école. Elle est folle de rage, veut tuer sa rivale. Elles s’empoignent et la police doit intervenir. Après pourparlers, l’institutrice accepte de payer une compensation, 500 SBD, que Betty remettra à sa famille.
On a du mal à imaginer Betty en furie. A l’image de la plupart des salomonais, elle est très réservée. Elle n’exprime pas directement sa joie, sa tristesse, ses ennuis. Un autre code de langage qu’il faut apprendre et interpréter. Les Salomonais se rattrapent à d’autres moments. Les départs par exemple, qui donnent lieu à des discours émotifs et larmoyants, les scènes de jalousies comme en témoigne Betty, et d’autres auxquelles j’ai pu assister. « Vous, Betty, vouloir tuer quelqu’un, je ne peux le croire ». Je crois bien que c’est la première fois que je la vois rire, vraiment rire. Une violence dissimulée qui trompe. Comme la violence conjugale qui est très répandue. Son mari frappait Betty aussi de temps en temps, « mais moi je ne le laissais pas faire. Je le battais aussi ».
Betty décide de se séparer. « Et votre enfant? » son mari pouvait le garder, c’est Kastom. Kastom ou pas elle va quand même se renseigner auprès du commissariat. La loi lui permet de garder son enfant lui dit la police. « Les hommes ne peuvent même pas cuisiner alors comment pourraient- ils s’occuper d’un petit?». C’est la famille du père qui normalement s’occupe de l’enfant, des fois comme forme de chantage pour faire revenir la mère. Mais la famille qui vit dans le Nord Ouest de Malaita est d’accord pour laisser Josh avec sa mère.
La situation est devenue intenable pour Steven qui doit repartir à Honiara. En plus il a du payer une compensation pour le mal causé. Les frères de Betty vont empocher 2.000 SBD. Il ne leur pardonnera pas.
Betty vit donc avec sa mère et son fils. Mais elle doit maintenant gagner sa vie. Steven ne contribuera pas financièrement à l’éducation de son fils. A son tour elle reprend le chemin vers Honiara. C’est à ce moment lá, en Aout 2007, que nos chemins se croisent. Je viens tout juste d’arriver, je cherche quelqu’un.
C’est Annette qui nous introduit, une « wantok » aussi de Malaita. "Wantok" dérive de l’anglais « one talk » qui peut se définir comme ceux qui parlent la même langue. Dans la tradition, ceux qui justement partagent la même langue s’entraident, en cas de besoin. Une sorte de sécurité sociale interne. Annette a son business et place des « house girls » (comme sont ainsi désignées les femmes de ménage). Elle a visiblement travaillée pour des occidentaux, expansive, convaincante, un moulin à paroles. Betty, elle, n’ouvrira pas la bouche.
Betty travaille chez nous depuis maintenant un peu plus d’un an. Quelques mois après son arrivée, elle se réconcilie avec son mari et ils reprennent vie commune. Ils vont rechercher le petit Josh à Auki. « Vous l’aimez ? » je lui demande. Elle hausse les épaule et réponds, « Josh a besoin d’un père ». Et puis elle peut avoir de nouveau son enfant auprès d’elle, avoir aussi moins de soucis financiers, c’est plus facile à deux.
Une partie de sa famille a repris possession d’une partie de leurs biens à Guadalcanal, suite à un accord entre le gouvernement et les populations locales. Betty pourrait y retourner. Mais dans tout ce processus de migrations internes, elle est devenue « urbaine ». Elle travaille. Son mari a un taxi. Ils ont l’électricité, la télévision, un DVD. Elle ne veut plus revenir dans le village et tout recommencer. Et puis l’insécurité est toujours présente. Et si les tensions refaisaient surface…
Betty sera toujours une malaitan même si elle y a finalement très peu vécu. Tout son imaginaire, son affectif, son histoire, sont là bas, à Auki. Mais elle est réaliste. Elle sait qu’elle ne pourra pas revenir de sitôt. Mais qui sait? Sa famille réclame la possession de parcelles de terrains à Auki où devrait se construire un nouveau port…bien sur, d’autres familles revendiquent ces mêmes parcelles….
Betty décide de se séparer. « Et votre enfant? » son mari pouvait le garder, c’est Kastom. Kastom ou pas elle va quand même se renseigner auprès du commissariat. La loi lui permet de garder son enfant lui dit la police. « Les hommes ne peuvent même pas cuisiner alors comment pourraient- ils s’occuper d’un petit?». C’est la famille du père qui normalement s’occupe de l’enfant, des fois comme forme de chantage pour faire revenir la mère. Mais la famille qui vit dans le Nord Ouest de Malaita est d’accord pour laisser Josh avec sa mère.
La situation est devenue intenable pour Steven qui doit repartir à Honiara. En plus il a du payer une compensation pour le mal causé. Les frères de Betty vont empocher 2.000 SBD. Il ne leur pardonnera pas.
Betty vit donc avec sa mère et son fils. Mais elle doit maintenant gagner sa vie. Steven ne contribuera pas financièrement à l’éducation de son fils. A son tour elle reprend le chemin vers Honiara. C’est à ce moment lá, en Aout 2007, que nos chemins se croisent. Je viens tout juste d’arriver, je cherche quelqu’un.
C’est Annette qui nous introduit, une « wantok » aussi de Malaita. "Wantok" dérive de l’anglais « one talk » qui peut se définir comme ceux qui parlent la même langue. Dans la tradition, ceux qui justement partagent la même langue s’entraident, en cas de besoin. Une sorte de sécurité sociale interne. Annette a son business et place des « house girls » (comme sont ainsi désignées les femmes de ménage). Elle a visiblement travaillée pour des occidentaux, expansive, convaincante, un moulin à paroles. Betty, elle, n’ouvrira pas la bouche.
Betty travaille chez nous depuis maintenant un peu plus d’un an. Quelques mois après son arrivée, elle se réconcilie avec son mari et ils reprennent vie commune. Ils vont rechercher le petit Josh à Auki. « Vous l’aimez ? » je lui demande. Elle hausse les épaule et réponds, « Josh a besoin d’un père ». Et puis elle peut avoir de nouveau son enfant auprès d’elle, avoir aussi moins de soucis financiers, c’est plus facile à deux.
Une partie de sa famille a repris possession d’une partie de leurs biens à Guadalcanal, suite à un accord entre le gouvernement et les populations locales. Betty pourrait y retourner. Mais dans tout ce processus de migrations internes, elle est devenue « urbaine ». Elle travaille. Son mari a un taxi. Ils ont l’électricité, la télévision, un DVD. Elle ne veut plus revenir dans le village et tout recommencer. Et puis l’insécurité est toujours présente. Et si les tensions refaisaient surface…
Betty sera toujours une malaitan même si elle y a finalement très peu vécu. Tout son imaginaire, son affectif, son histoire, sont là bas, à Auki. Mais elle est réaliste. Elle sait qu’elle ne pourra pas revenir de sitôt. Mais qui sait? Sa famille réclame la possession de parcelles de terrains à Auki où devrait se construire un nouveau port…bien sur, d’autres familles revendiquent ces mêmes parcelles….
3 comments:
Fascinant comme histoire !
à croire que tout se règle toujours avec de l'argent ...
En revanche j'ai pas tout compris (ce n'est pas grave)...
Steven est le mari de Betty, mais qui est ce John qui arrive là comme un poil dans la soupe ?
C'est digne d'un roman photo...
à plus
Guy (toujours le fils malgré la signature)
C'est vrai, l'argent atténue les maux, "compense" les ennuis causés... pas trés différent de nos tribunaux; et puis ça évite les excés, genre "je te coupe la tête" (j'en parlerai dans un autre post).
Quand à John, oups! une erreur...j'ai corrigé. C'est bien de Steven dont il s'agit.
Ciao, c'est Jérôme (ex-Lycée de Lisbonne), c'est super émouvant cette histoire, merci de faire partager cela sur ton blog...
Bon courage !
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